Migrer 2700 pages en 7 langues : préparer la bascule et contrôler les URL
2700 pages déplacées en 7 langues, 1,4 million de visites en jeu. La méthode de migration : cartographie, redirections et contrôles après bascule, avec les limites des chiffres de suivi.
L’essentiel en bref
2700 pages à déplacer. 1,4 million de visites annuelles en jeu, dont plus de 800 000 venues de Google. Une migration peut modifier la visibilité des pages, notamment si des adresses disparaissent ou renvoient vers une mauvaise destination. L'objectif était de préserver la visibilité pendant la bascule. Voilà comment on s'y est pris, et ce que les chiffres de suivi permettent réellement de dire.
Je suis Jim. Dernier article de la série sur la refonte du site Eurofiscalis. On a vu pourquoi quitter WordPress, puis pourquoi on est passés de Sanity à Payload. Reste le transfert des pages. Le nouveau site devait reprendre les contenus et permettre aux visiteurs comme aux moteurs de retrouver les bonnes adresses.
Suivre les adresses pendant le transfert
Le code, le rendu et les contenus doivent être vérifiés. Ici, je me concentre sur les URL, les adresses des pages. Chaque page qui reçoit du trafic depuis Google a une adresse. Google la connaît, la classe, et des sites externes pointent vers elle. Si cette adresse change, il faut indiquer la nouvelle destination. Une page qui disparaît ou une redirection incorrecte peut perturber l'accès au contenu et son référencement. Sur 2700 pages, en 7 langues, ça fait beaucoup d'adresses à ne pas perdre.
Le plan de migration doit donc préciser le devenir de chaque ancienne adresse : conservée, déplacée ou supprimée.
Étape 1 : cartographier les 2700 pages
Tu ne peux pas rediriger ce que tu n'as pas listé. Première étape, donc : recenser l'existant, exhaustivement.
Pour ça, on a utilisé un crawler, un outil qui suit les liens et relève les adresses qu'il atteint, leurs titres et leur statut. On a même utilisé un crawler construit sur mesure pour coller à nos besoins. Cet inventaire sert de base pour répartir les adresses langue par langue. Il faut aussi contrôler sa couverture : un crawler peut manquer des pages qu'il n'atteint pas.
Ce relevé permet de repérer les pages à conserver avant de préparer les correspondances. Une page absente de l'inventaire peut aussi être absente du plan de redirection.
Étape 2 : les redirections 301, en 7 langues
Quand une page change d'adresse, on prépare une redirection permanente vers son équivalent. Nous avons utilisé des 301. Si l'adresse reste la même, elle n'a pas besoin de se rediriger vers elle-même.
En multilingue, il y a une couche en plus. Chaque page existe en plusieurs langues, et il faut dire à Google quelle version correspond à quelle langue et quel pays (ce sont les balises hreflang). On contrôle séparément les destinations des redirections et les correspondances hreflang. Les premières guident l'accès à la page, les secondes indiquent les variantes linguistiques aux moteurs.
Étape 3 : déplacer le contenu, avec l'IA
Reste à faire entrer les 2700 pages dans le nouveau CMS. L'IA nous a aidés sur le déplacement et le reformatage de ce volume.
On a construit un pipeline : une suite d'outils, pilotés par l'IA, qui récupèrent le contenu existant, le remettent en forme pour Payload, repèrent les taux et les seuils pour les transformer en tokens dynamiques, et préparent même les versions traduites. Jérémy m'a épaulé sur toute cette partie migration, et les traducteurs de chaque pays sont repassés derrière pour valider leur langue.
L'IA fait le gros du déplacement et du reformatage. Sur un sujet aussi sensible que la fiscalité, chaque page importante repasse devant un humain pour vérifier l'exactitude. On contrôle ensuite le rendu dans le nouveau site.
Étape 4 : surveiller après la bascule
Après la bascule, on vérifie les destinations réellement servies et le suivi des pages.
Dans les jours et les semaines qui suivent, on garde un oeil sur Google Search Console : est-ce que Google explore bien les nouvelles pages, est-ce qu'il remonte des erreurs, est-ce que les positions bougent ? Ces rapports complètent les tests directs des URL. Ils ne remontent pas forcément chaque erreur immédiatement. On corrige les défauts repérés au fil du suivi. J'ai détaillé les vérifications à faire pour contrôler les redirections après la migration.
Comparer avant et après la bascule
Pour comparer les résultats, il faut conserver le même périmètre avant et après, préciser les dates, les pays, les types de recherche et les pages exclues. Une position moyenne peut bouger parce que les requêtes changent. Elle ne prouve pas, à elle seule, que la vitesse ou la migration a causé un gain.
Google décrit les fluctuations possibles et le suivi à prévoir lors d'un changement d'URL.
Le signal faible que je surveille : les IA
Je regarde aussi les visites attribuées à des assistants comme ChatGPT ou Perplexity. Pour les suivre, il faut préciser la période, l’outil et la règle d’attribution. Certains passages depuis une IA peuvent ne pas transmettre de référent, ce qui limite ce que l’on peut compter.
Ce que je retiens de toute la série
La série décrit trois décisions liées : quitter notre installation WordPress, choisir Astro et Payload après un premier choix de CMS, puis préparer et suivre le transfert des 2700 pages.
Pour juger la migration, je dois regarder les adresses, le contenu repris et l'évolution du trafic sur un périmètre comparable. Une page qui s'affiche correctement le jour de la bascule ne suffit pas à établir le résultat SEO.