Le cocon sémantique à l'échelle : le maillage interne
Organiser le maillage d'un site de 2700 pages : groupes par pays, liens vers les pages de référence, ancres descriptives et destinations en attente de publication.
L’essentiel en bref
Sur un site de 2700 pages, choisir les liens un article après l'autre finit par poser un problème : on ne sait plus quelles pages ont été reliées, ni lesquelles attendent encore leurs liens. Le maillage interne sert au lecteur qui veut approfondir un point, mais il faut aussi pouvoir le suivre à l'échelle du site.
Je suis Jim. Dernier article de la série sur notre fabrique de contenu. Après la chaîne éditoriale, la recherche SEO, les contrôles de qualité et la transcréation, voici comment on organise les liens entre ces pages.
Repartir du maillage existant
Une migration ne supprime pas forcément les liens internes. Dans notre cas, le maillage hérité demandait une reprise : certaines relations ne correspondaient plus à la nouvelle organisation. J'ai raconté pourquoi j'ai supprimé les anciens liens internes avant de les reconstruire.
Ce choix a laissé du travail derrière lui. Une page peut être accessible par le menu ou le sitemap et manquer malgré tout de liens depuis les articles qui traitent du même sujet. Ce sont ces relations qu'il fallait recréer, en regardant le contenu des pages et pas seulement leurs titres.
Google utilise les liens pour découvrir des pages et apprécier leur pertinence. Ça ne permet pas de déduire un classement à partir du seul nombre de liens entrants. En revanche, une page importante qui n'est reliée à aucun contenu voisin mérite qu'on vérifie pourquoi.
Organiser les pages par pays
Le principe retenu est un cocon sémantique par pays. Concrètement, on regroupe une page de service principale, des fiches de référence et des articles qui développent des questions plus précises.
Un article peut renvoyer vers une fiche pour donner une définition ou détailler une procédure. La fiche peut mener vers la page de service quand le lecteur a besoin d'un accompagnement. Les mots « page mère », « fille » et « petite-fille » décrivent ces rôles ; ils n'imposent pas une arborescence d'URL particulière.
Cette organisation aide à choisir les destinations. Elle ne suffit pas à rendre tous les liens pertinents. Un article peut aussi avoir besoin d'une page d'un autre groupe pour expliquer une comparaison ou une exception. Le pays donne un premier cadre, puis on revient à la question traitée dans le passage.
Les pages de conversion ont une autre fonction
Dans l'organisation décrite ici, les pages de conversion privilégient la prise de rendez-vous ou le contact. Le choix initial était de limiter leurs liens vers les autres contenus, pour éviter de multiplier les sorties dans ce parcours.
Ce choix de parcours ne permet pas de déduire qu’une page « garde son jus SEO ». L’absence de liens sortants ne démontre pas qu’elle sera mieux classée. Et les liens du menu, du footer et des autres composants font aussi partie de la page.
Il faut donc distinguer deux décisions : quels contenus doivent envoyer le lecteur vers une page de service, et de quelles informations il peut avoir besoin depuis cette page. Si une fiche aide à comprendre le service avant de prendre contact, la supprimer du parcours au nom du PageRank n'est pas une évidence.
Une dizaine de liens comme repère de travail
Pour les articles, on avait retenu un budget d'au plus une dizaine de liens internes, répartis entre le corps et, quand elle existe, la FAQ. C'est un repère de production pour éviter d'ajouter des liens sans raison. Ce n'est pas un nombre idéal défini par Google.
On avait aussi prévu plusieurs formulations vers les pages stratégiques, une dizaine environ, plutôt qu'une ancre identique recopiée partout. Là encore, le nombre n'est pas l'objectif. La formulation doit correspondre à ce que le passage raconte et à ce que la page liée apporte.
Un lien vers la page de service peut trouver sa place en introduction si le sujet la justifie. Il n'a pas besoin d'y être systématiquement, avec une ancre exacte, pour produire un supposé signal plus fort. Dans un article pédagogique, une fiche de référence peut être la première destination utile.
Décrire ce qu'on trouvera après le clic
« Cliquez ici » ne dit pas où l'on va. « Le calcul du montant TTC » ou « les étapes de l'immatriculation » donnent déjà une indication, à condition que la page cible traite bien cette question.
Je garde le lien dans la phrase qui en explique l'intérêt. Si le lecteur doit lire tout le paragraphe pour comprendre pourquoi je lui propose cette destination, l'ancre seule n'a pas besoin de tout raconter. Elle doit rester lisible, sans empiler les mots-clés.
C'est aussi le conseil de Google sur les ancres : une formulation descriptive, concise et pertinente. Varier les mots peut venir naturellement du contexte ; fabriquer onze variantes uniquement pour atteindre un quota apporte peu au lecteur.
Prévoir les liens vers des pages encore absentes
À l'échelle du site, un article peut être prêt alors que la page qui le complète n'est pas encore publiée. Le besoin de lien existe, mais la destination ne peut pas encore recevoir de visiteur.
On enregistre alors le lien en attente : la page source, la destination prévue, l'ancre et le passage où elle doit être posée. Le texte reste lisible sans URL active. Quand la destination est publiée, on peut retrouver les attentes qui la concernent et les résoudre.
Il reste un contrôle à faire : la page existe-t-elle vraiment à cette adresse, est-elle publique, et répond-elle toujours à la promesse de l'ancre ? Une liste de liens en attente évite de tout garder en tête. Elle ne garantit pas à elle seule qu'aucune page ne sera oubliée.
Contrôler ce qu'on a construit
Le cocon sert à préparer les relations. Le contrôle du site sert à vérifier ce qui a effectivement été publié : destinations cassées, pages sans lien entrant, ancres trop vagues ou liens devenus inutiles après une modification.
C'est cette différence entre le plan et le site réel qui compte pour la suite. La chaîne éditoriale peut préparer un article et ses destinations ; le maillage doit ensuite être relu quand le contenu et les dates changent. Avec plusieurs milliers de pages, les liens en attente et les contrôles donnent un travail à traiter, plutôt qu'une impression que tout est relié.